4 Août 2009 | Par Michel Dechamplain
C’était mon premier rendez-vous avec M. Wainwright et j’avoue que j’ai été charmé du tout début jusqu’à la fin de la rencontre.
Arrivé sur scène tout de blanc vêtu et la tête couronnée d’un chapeau lui donnant des allures d’un chanteur tout droit sorti d’un cabaret des années 50, il s’est installé au piano pour ouvrir cette délicieuse soirée avec Going to a town.
Puis enchainant quelques un de ses succès ainsi que des reprises des Judy Garland etLeonard Cohen, il a ravi le cœur d’un public conquis d’avance. Et comme je m’y attendais Kate McGarrigle, la mère de Rufus, toujours aussi rayonnante, nous a fait le cadeau de sa présence l’espace de quelques chansons avec son fils, dont la très touchante «Quand vous mourrez de nos amours» de Vigneault. Nous avons eu droit également au final de l’opéra qu’il a composé dans la langue de Molière : Primadonna. L’œuvre qui raconte l’histoire d’une chanteuse vieillissante qui prépare son retour sur scène et sa rencontre avec un journaliste, a été présentée en première mondiale au Festival international de Manchester le 10 juillet dernier.
Ce concert, fut celui d’une seule voix accompagnée par moment du piano ou simplement de la guitare. Ce fut bien ainsi, car la voix de Rufus est assurément son meilleur instrument, nuancée quand il le faut, bien placée au bon moment. C’est d’ailleurs un beau prélude à un album solo piano et voix que le chanteur prépare actuellement et dont la sortie est prévue pour 2010.
Beaucoup? Oui beaucoup, parce que cette voix singulière et unique dotée d’une présence intense sur scène et doublée d’une simplicité intelligente, on en voudrait toujours plus.
Passionnément: parce que Rufus c’est la passion incarnée de la musique et de l’émotion.
À la folie: parce que l’artiste est capable de mettre un brin de folie à travers ses complaintes de l’âme et fait en sorte par la même occasion qu’on l’aime à la folie! D’ailleurs le dernier rappel improvisé et spontané fut une chanson à répondre accompagnée de maman Kate au piano.
Une soirée exquise, savoureuse, sans artifice et en toute simplicité, comme si nous étions au salon avec un ami bourré de talent pour en faire l’animation.
Rufus, j’en veux encore et toujours, beaucoup, passionnément et à la folie!
Photo: (c)LeSoleil / Cyberpresse





































